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Jacques Chirac est décédé le 26 septembre 2019, à l'âge de 86 ans.

Cette figure de la vie politique française aura marqué de son empreinte la politique du handicap. Et pas seulement lors de son double mandat présidentiel.

Il avait fait du handicap l'un de ses trois grands chantiers prioritaires, au même titre que le cancer et la sécurité routière, de son second mandat présidentiel. Les trois lois de référence du handicap (loi de 1975, loi de 1987 en faveur de l'emploi et loi de 2005) ont été adoptées lorsqu'il était respectivement Premier ministre et Président de la République.

En 1967, Jacques Chirac était député de la Haute-Corrèze. Très préoccupé par le sort des pupilles et des enfants de l’assistance publique parfois atteints de lourds handicaps qui erraient dans les rues de Paris, il décide de créer des centres d’accueil.

Pour cela, il a trouvé des alliés en Corrèze auprès des maires et conseillers municipaux qu’il connaissait bien.

En octobre 1970, un premier centre ouvre à Peyrelevade. Le second a été inauguré en janvier 1970 à Bort-Les-Orgues.

Le handicap poursuivra ensuite toute la vie du président Chirac. La maladie psychique de sa fille Laurence a renforcé sa volonté d’agir.



Une loi forte

Quelques jours avant l'adoption de la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, il avait prononcé ces paroles :

"En devenant plus accueillante aux personnes handicapées, la société sera, en réalité, plus accueillante à tous. Aux personnes âgées, aux parents de très jeunes enfants, à toutes celles et à tous ceux qui ont des problèmes passagers de mobilité à la suite d'un accident ou d'une maladie. Enfin, et peut-être surtout, le refus de l'isolement, de l'indifférence et de l'exclusion conférera à notre société, n'en doutez pas, un supplément d'âme dont chacun profitera".

Deux ans auparavant, c'était pour lui une réforme essentielle. Il voulait un grand un changement profond de mentalité.

La loi dite "handicap" de 2005 avait alors permis de nombreuses avancées : obligation d'accessibilité des transports collectifs et des établissements recevant du public en 10 ans, concrétisation du droit à compensation du handicap, création des Maisons départementales des personnes handicapées, scolarisation dans l'école la plus proche du domicile, sanctions dissuasives en cas de non-respect de l'obligation d'emploi de travailleurs handicapés dans les entreprises, etc…


Aujourd’hui, 830 personnes travaillent pour la fondation Jacques Chirac dans une vingtaine de centres d’accueil où vivent 1200 enfants et adultes handicapés. Cette fondation est le premier employeur du département de la Corrèze.