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Habitat inclusif : Ils veulent changer d'échelle



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En mars 2022, le collectif « 150 000 pour 2030 » s’est rassemblé

pour déployer de façon massive l’habitat partagé inclusif pour les personnes âgées et dépendantes. Laurence Boluda et Simon Vouillot, les deux porte-paroles, expliquent pourquoi il faut changer d’échelle, au moment où les pratiques des Ehpad sont mises sur la sellette.

Qu'est ce que le projet "150 000 pour 2030" et qui en est à l'origine ?

Laurence Boluda : Nous sommes une vingtaine de structures, associations, entreprises, qui voulons multiplier le nombre de places d’habitat partagé accompagné sur tous les territoires. Ce sont des lieux de vie collectifs de taille modeste, à mi-chemin entre le maintien à domicile et les Ehpad. Ils accueillent des personnes âgées isolées ou des personnes en situation de handicap.

Il existe actuellement en France simplement un peu plus de 4 000 places disponibles. On veut changer d’échelle. Nous nous inscrivons dans les objectifs du rapport Piveteau-Wolfrom de juin 2020 “Demain, je pourrai choisir d’habiter avec vous !” qui vise 150 000 places à échéance de 2030. Le collectif veut agir pour cet objectif.

Quel est le rôle des pouvoirs publics dans ce déploiement ?

Simon Vouillot : Avec le vieillissement de la population, la solution de l’habitat inclusif est désormais reconnue par l’État, au travers du rapport Piveteau. On attend évidemment aussi beaucoup de la future loi Grand âge et autonomie. Depuis le début de l’année, l’aide à la vie partagée a été mise en place pour soutenir les projets d’habitat inclusif. L’acronym title="aide à la vie partagée">"VP est une aide versée aux gestionnaires de nos établissements par la CNSA. Elle est débloquée par les conseils départementaux qui ont signé une convention avec l’État.

On regrette simplement qu’il n’y ait qu’une vingtaine de CD à avoir conventionné pour le moment, car ce sont aussi des projets immobiliers longs à monter. Nous aimerions aussi une harmonisation de traitement pour nos bénéficiaires : selon les départements, certains ont droit au crédit d’impôt Services à la personne, et d’autres non…

Quels sont les atouts de l'habitat inclusif ?

Laurence Boluda : Nous proposons des lieux de vie à taille humaine et au cœur des villes, avec des animateurs ou des auxiliaires de vie présents sur place. On construit ces projets avec les parties prenantes locales, et bien sûr les collectivités sont très intéressées par notre approche, ainsi que les investisseurs institutionnels comme la Banque des territoires. Les personnes âgées ou handicapées sont aussi étroitement associées à l’élaboration des habitats partagés et participent aux conseils de résidents ou aux comités d’expérience. Le rapport Piveteau partage nos idées de faire des personnes âgées des acteurs de leur projet d’habitat.

Il faut aussi que ça reste accessible à toutes les personnes : la colocation permet de diminuer les coûts. Nous portons des initiatives venues du terrain, comme les deux que nous dirigeons, La maison de Blandine et Âges et vie. Les personnes qui ont créé ces structures sont toutes impliquées en tant que professionnels du médico-social ou sont touchées par la situation de leurs proches. Nous avons les capacités de créer de nouvelles structures et des milliers d’emplois dans l’accompagnement pour aider au mieux-vieillir ensemble.

 

Source : La Gazette des communes

 

 

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