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Quelle place dans la France de 2022 pour les personnes en situation de handicap ?



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Santé, travail, logement, argent, services publics :

quelle place dans la France de 2022 pour les personnes en situation de handicap ? Pour la première fois en France, LADAPT (L’Association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées) en collaboration avec l’IFOP, présentent une étude miroir « La place des citoyens en situation de handicap dans la société française en 2022 ».   

Les résultats de l'enquête

A moins de trois mois de l’élection présidentielle, l’IFOP et LADAPT dévoilent les résultats d’une grande enquête sur la place des citoyens en situation de handicap dans la société française en 2022, avec la volonté de donner VRAIMENT la parole aux personnes en situation de handicap. Cette étude menée par l’IFOP pour LADAPT permet, à travers plus de 2000 témoignages, de vérifier la volonté du vivre ensemble et les attentes et ressentis des personnes en situation de handicap avec l’ensemble de l’opinion publique.

Alors qu’on pourrait penser le contraire, les personnes en situation de handicap ont la même opinion que tous les Français sur de très nombreux sujets : travail, ressources financières, logement, santé, valeurs… Mais il existe aussi des points de différenciation ou plutôt d’accentuation. Si les personnes en situation de handicap ne dénoncent pas la société française, ses structures et son organisation à leur égard, ils se sentent très souvent obligés de renoncer.

Parmi les principaux enseignement :

  • 62% des personnes en situation de handicap disent avoir déjà renoncé à aller chez le coiffeur (+ 17 points par rapport à l’échantillon témoin) ;
  • 50% ont renoncé à des soins dentaires (+ 22 points par rapport à l’échantillon témoin) ;
  • 67% ont rencontré des difficultés pour résoudre un problème avec une administration (vs 47%) ;
  • 63% ont rencontré des difficultés pour effectuer une démarche (vs 45%).

Les personnes en situation de handicap disent être particulièrement engagées (40% continueraient de travailler même si elles n’avaient pas besoin d’argent) et heureuses d’exercer leur activité (un plaisir et une fierté pour 38% d’entre elles contre 33% pour le grand public).

Les personnes en situation de handicap disent à 37% avoir subi une discrimination au cours d’une recherche d’emplois contre seulement 16% pour l’ensemble de la population

La défense des droits des personnes en situation de handicap est une priorité aux yeux des personnes en situation de handicap (à 74%, devant le soutien aux victimes des attentats avec 67%) mais aussi aux yeux du grand public (à 65% presque autant que le soutien aux victimes des attentats à 66%).

Le grand renoncement des personnes en situation de handicap

Près de la moitié des personnes en situation de handicap ont le sentiment de s’en sortir facilement avec les revenus de leur foyer, soit une proportion assez proche de celle mesurée dans la population française (52%).

Si sur le plan du ressenti, les résultats ne sont donc pas catastrophiques, les choses sont tout autre sur le plan du vécu.

Par exemple, 62% des personnes en situation de handicap indiquent avoir déjà renoncé à aller chez le coiffeur (+ 17 points par rapport à l’échantillon témoin).

L’écart mesuré par rapport au grand public apparait encore plus spectaculaire concernant l’accès aux soins dentaires : la moitié des personnes en situation de handicap déclarent y avoir déjà renoncé (+ 22 points par rapport à l’échantillon témoin). Les résultats de l’enquête montrent par ailleurs que plus d’un quart des personnes en situation de handicap se sont déjà procuré des denrées alimentaires auprès d’une association (+ 14 points).

Constat d’autant plus grave que « la possession du meilleur état de santé qu'il est capable d'atteindre constitue l'un des droits fondamentaux de tout être humain », selon la Constitution de l’OMS.

Des écueils persistants dans leur vie professionnelle

C’est sur le sujet du travail que l’enquête révèle un paradoxe : si les personnes en situation de handicap se disent particulièrement engagées (40% continueraient de travailler même si elles n’avaient pas besoin d’argent) et heureuses d’exercer leur activité, 37% d’entre elles disent avoir subi une discrimination au cours d’une recherche d’emplois contre seulement 16% pour l’ensemble de la population. Une erreur de la part des entreprises qui semblent méconnaître l’engagement de ces salariés « presque » comme les autres.

Un espoir : une fois franchie la porte de l’emploi, du côté des entreprises et des personnes, il y a une satisfaction des deux côtés. Pour l’employeur, cela confirme qu’il a fait le bon choix. En effet, les actifs en situation de handicap se déclarent tout aussi satisfaits de leur situation (76% dont 20% « très satisfaits ») que l’ensemble des actifs français (77% dont 17% « très satisfaits »). Très largement, ils ont le sentiment d’effectuer un travail utile (84% et 83% pour l’ensemble des actifs), se sentent bien intégrés (81% contre 87%), sont motivés (77% contre 75%) et fiers d’appartenir à leur entreprise (77% contre 79%). Certes, ils se sentent un peu plus stressés (60% contre 52%) mais sont aussi plus nombreux à estimer que leur travail est reconnu à sa juste valeur (64% contre 57%).

"Les résultats de ce sondage enseignent aux employeurs que le principal frein à l’embauche des candidats en situation de handicap reste leur méconnaissance du handicap. LADAPT a donc un rôle fondamental à jouer dans l’accompagnement des recruteurs. Faire de ces derniers des coupables désignés ne sert à rien : nous nous devons de leur apporter des solutions, de les former, les sensibiliser. Car l’insertion sociale des personnes en situation de handicap en découle également ! Intégrée et stabilisée professionnellement, une personne en situation de handicap a forcément plus de chances d’être insérée socialement. Il faut donc continuer de retrousser nos manches pour garantir a minima ce cercle vertueux", explique Éric Blanchet, Président de LADAPT.

Le vivre ensemble est possible

L’enquête révèle peu de disparités entre l’opinion des personnes en situation de handicap et l’ensemble des Français, et ce, sur de très nombreux sujets : travail, ressources financières, logement, santé. Ce consensus casse la représentation que l’on peut avoir sur les personnes en situation de handicap.

Le vivre ensemble est donc possible.

La défense des droits des personnes en situation de handicap est une cause prioritaire aux yeux des personnes en situation de handicap bien sûr (à 74%, devant le soutien aux victimes des attentats avec 67%) mais aussi aux yeux du grand public (à 65% presque autant que le soutien aux victimes des attentats à 66%), avant la défense du droit des femmes et loin devant la lutte pour le réchauffement climatique (54% à 55%) ou contre le racisme (51% à 53%).

Ce consensus conforte l’action de LADAPT, convaincue que les personnes en situation de handicap et les personnes dites « valides » peuvent faire société.

"Ce sondage met en évidence une volonté presque insidieuse de décourager les personnes en situation de handicap. Certains sujets restent encore tabous comme la sexualité, la ruralité et peuvent devenir autant de facteurs d’isolement voire même d’abandon pour les personnes en situation de handicap. Il faut être vigilant à ce que ces dernières ne basculent pas dans une forme de désespoir. Les associations telles que LADAPT jouent encore le rôle de garde-fou d’une société mise à mal, mais pour combien de temps ?"

"Pourtant, ce sondage laisse entrevoir une lueur d’espoir : le vivre ensemble est possible ! Cela signifie que la place des citoyens en situation de handicap n’est pas à la marge de la société. Elle est indéniablement en son sein ! Les personnes en situation de handicap, qu’elles travaillent ou non d’ailleurs, veulent exister, faire partie intégrante du collectif. S’approprier en fin de compte leur place, qui est légitime rappelons-le ! En fin de compte, avoir un rôle social comme tout à chacun, être et se sentir utile. C’est le propre de nos existences."

"En d’autres termes, le grand renoncement ne doit pas se transformer en un renoncement démocratique : les personnes en situation de handicap doivent aller voter et faire entendre leurs voix", conclut Éric Blanchet, Président de LADAPT.

 

Source : LADAPT

 

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