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Accessibilité globale à l'école

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Le manque d'accessibilité globale de l'école

fait peser sur les MDPH des attentes considérables.

L’association nationale des directeurs de MDPH vient de publier une lettre ouverte résolument offensive sur le manque d’accessibilité de l’école. Elle pointe du doigt « l’absence de réponses et de décisions pour une rentrée scolaire réussie ». Myriam Bouali, sa présidente, réclame une harmonisation nationale des pratiques et une simplification du cadre réglementaire.

Myriam Bouali : Depuis des années, les MDPH enregistrent une hausse continue des demandes concernant la scolarité. De plus en plus d’enfants en situation de handicap sont scolarisés, et c’est bien évidemment une bonne chose. Mais que les parents aient besoin de saisir la MDPH pour rendre effectif le droit à la scolarisation de leur enfant démontre le défaut d’accessibilité des établissements scolaires, des contenus pédagogiques, du matériel…

Des MDPH régulièrement pointées du doigt

Les MDPH sont régulièrement pointées du doigt. Elles accorderaient trop souvent des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) dans les plans personnalisés de scolarisation (PPPS *) qu’elles élaborent. Mais lorsque nous donnons suite à une demande d’aide humaine, c’est que les éléments du dossier sont concordants et légitimes. Les carences d’accessibilité rendent très souvent nécessaire le recours aux AESH pour ne pas freiner une scolarisation.

Pour Myriam Bouali, ils ne sont pas suffisamment mobilisés. Et ce n’est pas étonnant, vu les limites de ces outils, combinées à celles de l’école. Le seul moyen d’obtenir du matériel pédagogique adapté, sans même parler des AESH, c’est de demander un PPS, c’est-à-dire de passer par la MDPH. Le manque d’accessibilité globale de l’école fait peser sur les MDPH des attentes considérables.

Un parcours difficile pour les enfants et les familles

Pour Myriam Bouali, lorsqu’une MDPH attribue un AESH mutualisé, elle ne sait pas toujours le nombre d’heures dont va bénéficier l’élève. En effet, il n’y a pas d’harmonisation nationale sur le volume horaire de cet accompagnement mutualisé. Cela peut varier de six à douze heures.

Par ailleurs, le manque de solutions et de réponses adaptées tous secteurs et dispositifs confondus (IME, Ulis, Unités d’enseignement, etc.) rend très difficile les parcours des enfants et des familles. Faute d’orientation cible disponible [l’orientation idéale], les orientations alternatives [en attendant qu’une place se libère dans l’orientation cible] sont souvent des propositions très insatisfaisantes.

Une nécessaire harmonisation des règles au niveau national

Pour Myriam Bouali, nous demandons des règles harmonisées au niveau national, pour limiter les inégalités territoriales de traitement. On ne peut plus se contenter de la situation actuelle. Aujourd’hui, les MDPH adaptent leur fonctionnement au gré des discussions avec le rectorat et de ses pratiques. Il existe à peu près autant de départements que de configurations de coopération.

Est-il nécessaire de passer par la MDPH pour qu’un enfant puisse bénéficier du matériel adapté dont il a besoin ? Cela pourrait se régler dans le cadre d’un PAP ou d’un PPRE, pour lesquels la MDPH n’est pas sollicitée.

Pour un accès facilité à la scolarisation

On peut se poser la même question pour l’attribution d’AESH mutualisé. Est-ce que cela ne pourrait pas être du ressort des PIAL ? Ces pôles inclusifs d’accompagnement localisés étaient censés offrir une plus grande souplesse d’organisation de l’aide humaine à l’échelle d’un ou de plusieurs établissements.

Certes, nous comprenons que cela rassure les parents de savoir que l’évaluation des besoins de leur enfants soit assurée par un organisme tiers et indépendant. Mais ce que nous portons, c’est un accès facilité et simplifié à la scolarisation, ne faisant pas reposer sur les personnels de l’Éducation nationale ou des MDPH des règles disparates et une organisation complexe.

Pour lire la lettre ouverte, cliquez ici.

Le PPS définit, pour chaque enfant, des aménagements et les adaptations pédagogiques à mettre en place. Mais aussi l’aide humaine nécessaire, le matériel requis…

 

Source : Faire Face "Franck Seuret"

 

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